Des généraux acceptent sans état d’âme le possible face-à-face entre soldats et manifestants

Des généraux acceptent sans état d’âme le possible face-à-face entre soldats et manifestants

J.-P. Fabre Bernadac – Le 23 mars 2019 – Boulevard Voltaire

Désormais, plus rien ne m’étonne. Il y a bien longtemps que je ne regarde plus les étoiles. //RO

© Tosque Jean-Louis

Plusieurs centaines de soldats étaient mobilisés, ce samedi 23 mars, pour protéger des sites officiels lors des manifestations des gilets jaunes. Certains haut gradés, fort justement, n’y sont pas favorables, comme le général (2s) Desportes, qui expliquait au micro de Boulevard Voltaire : « Si l’armée en venait à tirer contre des Français, alors la crise serait d’une autre nature. Quand l’armée fait du maintien de l’ordre, elle le fait avec ses arguments à elle qui sont des armes à feu faites pour tuer et blesser, alors que la doctrine du maintien de l’ordre en France est, justement, d’éviter les blessures et la mort. »

Ce ne semble pas être l’avis de certains étoilés qui, le doigt sur la couture du pantalon, se plient aux ordres sans état d’âme. Il en est ainsi du général Dominique Trinquand qui fut lr conseiller Défense de Macron durant la campagne présidentielle. Cet officier général de 2e section, macroniste convaincu, va encore plus loin dans son jugement en spécifiant : « Je ne suis pas inquiet… le problème, c’est les émeutiers. Ils le savent. S’ils veulent attaquer les militaires pour se faire tirer dessus, c’est leur choix. Ce qui m’inquiète, c’est l’attitude des émeutiers, pas l’attitude des militaires. » En reprenant les éléments de langage du pouvoir (« les émeutiers ») et en assumant le recours aux armes létales, ce général se place et place l’institution dans une soumission totale à la lecture macronienne de la crise. Cela pourrait se révéler dangereux pour tout le monde si les choses venaient à mal tourner.

2 réactions au sujet de « Des généraux acceptent sans état d’âme le possible face-à-face entre soldats et manifestants »

  1. Heureusement il n’y a pas eu clash entre « manifestants » et l’armée!On peut quand même se poser la question de savoir ce qui se serait exactement passé à la suite d’un seul mort,de quelque côté que ce soit.Quid des responsabilités,de l’enquête,des « fusibles » potentiels,et autres conséquences humaines?Là encore je crois que nos gouvernants n’ont absolument pas pensé à toutes les conséquences de leur décision.Mais alors que se passerait-il en cas de conflit militaire à grande échelle avec des pays
    tiers? Avons-nous encore de vraies têtes pensantes?

  2. Macron a acheté les hauts gradés avec une super prime. Alors rien ne m’étonne…
    Par ailleurs, la doctrine du maintien de l’ordre en France est plus qu’ancienne, donc il faudrait la revoir pour qu’elle soit plus adaptée à la réalité d’aujourd’hui. Nos voisins belges et allemands savent très bien faire face à des manifestations de grande ampleur : les individus potentiellement perturbateurs sont rapidemment isolés et emmenés hors des manifestations. Ces mêmes pays connaissent aussi les black blocs, surtout l’Allemagne, où cette nébuleuse de casseurs violents semble être apparue. Sauf que dans une opération de maintien de l’ordre, les policiers ne laissent pas agir à leur guise ces spécimens de délinquants violents. Et ils les arrêtent avant que ceux-ci ne commentent des destructions. Ce que l’on a vu à Paris le samedi 16 mars est un défit à la raison. Non seulement le service d’ordre n’est pas intervenu, mais pire : il a laissé faire des destructions massives de magasins, suivis de pillages. Quand on a vu ça, impossible de croire que les agissements des black blocs n’arrangeaient pas le pouvoir macronien.

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